Archive for juillet, 2009


28
juillet

Napoleon’s Legacy

On ne compte plus les nouvelles règles de jeu apparaissant ces temps-ci. De nouveaux systèmes ou de nouvelles éditions de règles anciennes. Cette remarque est particulièrement vrai pour les règles napoléoniennes. Pourtant, je vais vous en présenter une nouvelle qui ne se cantonne justement pas à la période napoléonienne.

Cette règle s’intitule Napoleon’s legacy et est sous-titrée « From Napoleon to Lee ». Donc voici une règle de jeu qui couvre une bonne partie du XIX°s en gros de 1795 à 1865. Des guerres de la Révolution à la guerre de Sécession.

Le principal auteur est Stefan Madgwick et avec ses camarades de jeu du club Portbury Knights, ils ont commis une règle bien sympathique.

Pour simplifier, je dirais que les grands principes sont issus du système Warmaster c’est à dire un système basé sur des jets de commandements pour pouvoir faire évoluer ses troupes. C’est un système agréable qui permet de passer de bons moments de jeu. Il retranscrit plutôt pas mal les aléas des chaines de commandements et le fait que les troupes n’obéissent pas toujours à ce que nous souhaiterions les voir faire. Ici le maître mot, comme l’auteur le dit lui-même, est « Have Fun ».  Et du « Fun » on en a !!!

Le jeu est plutôt dédié aux figurines 15 mm voire 10 mm (ça tombe bien j’adore ces échelles). Vous pouvez jouer en 25 mm aussi si vous le souhaitez. Cela se joue à la plaquette de 4 à 6 cm de front. 3 plaquettes forment une unité, du moins dans le jeu de base car après suivant les périodes et les armées jouées cela évolue. Vous pouvez regrouper plusieurs unités en brigade pour faciliter les déplacements par exemple. Tout cela ne surprendra pas les joueurs de WMA.

Je ne rentrerais pas dans le détail du système de jeu mais si vous voulez vous faire une idée, je vous invite à consulter la feuille de référence rapide. Elle parait importante mais franchement on s’en passe rapidement.

En gros que faut-il retenir ? Tout se joue au D6. Les troupes disposent de caractéristiques indiquant leur nombre de tirs, de sauvegardes, d’attaques etc … Si vous avez joué ne serait-ce qu’une fois dans votre vie à un jeu du type GW vous ne serez pas surpris.

Alors, vous allez me dire pourquoi cette règle m’a-t-elle plu ? Et bien parce que je trouve que l’auteur a su réussir là où d’autres ont échoué. Le système est simple, s’apprend rapidement. Et pourtant à ce système générique, il y a toute une série d’ajouts qui font que le chrome de la période est présent. Diverses formations (colonnes de marche ou d’attaques, flancs refusés, carrés, tirailleurs…). Des petits évènements ludiques qui pimentent toujours une partie lorsqu’on fait le double 1 ou le double 6. Franchement on s’amuse. C’est bête à dire peut-être mais ça fait du bien aussi de ne pas toujours se prendre la tête dans une partie de figurines.

Autre point  important, les listes d’armées. L’auteur a défini 8 classes différentes de troupes, suivant leur comportement (Fragile, agressive, Solide, hésitante…). Chaque classe donnant un bonus/malus suivant les situations de jeu. Ensuite, je vous ai dit que la règle couvrait une large période. Ainsi vous trouverez dans le livret de règles des listes d’armées budgetisées et des règles spéciales pour bien illustrer les spécificités des belligérants.

Vous pourrez donc trouver des listes pour :

- Les guerres napoléoniennes

- La guerre de 1812-1814 opposant les Anglais aux Etats-uniens.

- La première guerre anglo afghane.

- Les deux guerres anglo-sikhes.

- La guerre opposant le Mexique aux Etats-unis.

- Les guerres d’indépendances italiennes.

- La première guerre de Schleswig.

- La guerre de Crimée.

- La révolte des Cipayes.

- La guerre de Sécession.

Donc vous voyez il y a de quoi faire. Le système est le même pour toutes mais pour chacune d’entre elles vous pouvez, si vous le souhaitez, inclure des modifications quant à la taille des unités ou des petites règles sympathiques qui feront qu’une armée ne ressemblera pas à une autre.

Donc au total, moi j’aime beaucoup cette règle. Je regrette qu’elle soit passée un peu inaperçu. Si vous vous la procurez, vous pourrez vous targuer  d’ailleurs d’une bonne action car une partie de son prix est reversée à une œuvre caritative. Si parmi vous certains la possède, je serais vraiment curieux de connaitre votre avis. En tous cas si vous avez des questions, surtout n’hésitez pas.

Oups, j’oubliais :

L’adresse du site officiel : http://www.napoleons-legacy.com/news.php

Vous pouvez aussi vous la fournir chez Magister Militum.

Un petit lien de discussion où vous pourrez trouver une traduction : http://warmaster-fr.niceboard.com/general-f20/napoleon-legacy-les-commentaires-t1198.htm

22
juillet

Adieu jeunesse …

J’ai découvert le jeu de rôle au début des années 80 et un peu plus tard le jeu d’histoire avec figurines. Cette découverte fut l’œuvre d’un magazine qui, je crois existe toujours : Casus Belli.

Là, au milieu d’articles consacrés à ma passion d’alors, j’y ai lu quelques pages sur le jeu d’Histoire. Je me souviens c’était dans l’un des premiers numéros. Puis vint l’achat de ma première règle de jeu qui pour moi fut celle que l’on pouvait alors trouver plus facilement en province pour quelqu’un d’isolé comme je l’étais, à savoir Les Aigles. Après lorsque je le pouvais j’achetais des magazines comme le journal du Stratège puis le messager une fois avoir découvert la FFJH.

Tout cela pour dire que pour moi alors, j’enviais les Parisiens qui disposaient de boutiques dont les noms me faisaient rêver : l’Oeuf Cube et Jeux de Guerre Diffusion lesquelles faisaient de la publicité dans les revues qui constituaient mes lectures favorites. Des boutiques où on pouvait trouver des règles de jeux et des figurines. Je les imaginais immenses et remplis des ces objets de convoitises. Pour ceux qui les ont connus, vous remarquerez le décalage qu’il y avait entre mon imaginaire et la réalité sur les surfaces des dites boutiques.

Bien des années plus tard, alors que je venais d’avoir mon CAPES à Aix-en-Provence, je fut muté une année à Provins. Je me rapprochais donc enfin de ces lieux mythiques. Jeux de Guerre Diffusion avait été racheté par la grande entreprise de jeu de l’époque Jeux Descartes mais l’adresse n’avait pas changé : Rue Meissonier, métro Wagram (une station et une rue prédestinées).

Inutile de vous dire que je claquais alors une bonne partie de mon salaire chaque mois lorsque je montais à Paris dans ces boutiques. C’est à Meissonier, que j’ai découvert à côté de la caisse, le premier numéro de Vae Victis. C’est là également que j’ai acheté mes premières règles comme la flèche et l’épée puis DBM et ses livrets.  C’est là que je me suis procuré mes premières boites d’armée Essex. J’ai toujours apprécié l’accueil de cette boutique : une jeune femme charmante et des vendeurs compétents.

Mon exil ne dura qu’un an et de retour dans mes pénates, l’âge venant, j’achetais de plus en plus puis essentiellement à l’étranger. Je me rappelle de mes envois de fax chez Essex l’inquiétude au ventre car j’y notais mon numéro de carte bleue. Car oui, après cette découverte j’ai fait comme beaucoup, j’ai acheté directement au producteur. Je trouvais que les tarifs proposés par la boutique étaient vraiment beaucoup trop élevés (et pourtant la livre était bien plus chère que ce qu’elle n’est aujourd’hui).

Je me suis donc éloigné des boutiques parisiennes à la fois géographiquement mais également financièrement. Je ne pense pas avoir été le seul car j’appris ainsi que Champ de Mars fut fermé. Cependant quand je montais à Paris, je continuais mon pèlerinage à Meissonier. Je m’y délestais toujours de quelques euros sur des ospreys ou des règles anglo-saxonnes.

Aujourd’hui, en ce mois de juillet 2009, j’apprends que le repreneur Asmodée, qui avait racheté il y a quelques années l’enseigne Jeux Descartes, a décidé de fermer la boutique de la rue Meissonier. Pour moi c’est une page qui se tourne. Et à la lecture de remarques sur les forums jeudhistoire ou flames of war, et certainement sur de nombreux autres (strategikon…), je ne suis pas le seul à être dans ce cas.

Une époque se termine aujourd’hui pour moi. Adieu Meissonier, adieu jeunesse…Merci pour les rêves initiés et les joies suscitées.

20
juillet

Un livre qui gagne à être lu

Après de looooooooooooongues semaines sans mises à jour et alors que j’ai presque terminé mon travail estival (à savoir la création des emplois du temps des professeurs), je souhaitais vous parler d’un livre que m’a fait découvrir mon camarade Stéphane.

Je ne connaissais pas l’auteur mais d’après Stéphane, Jean-Philippe Jaworski est le créateur d’un jeu de rôle dont le thême des Guerres de Religions m’est cher : Te Déum pour un massacre. Hélas quand j’ai voulu me procurer ce dernier, il était épuisé.

Ce livre fut pour moi un grand plaisir. Alors que je suis souvent déçu par la forme « nouvelle », je dois dire qu’ici le résultat est magnifique.

La trame globale est la découverte d’un monde médiéval teinté de fantasy. Mais une fantasy très discrète beaucoup moins présente que dans les livres de Pierre Pevel par exemple. Cette découverte s’effectue au travers de personnages très attachants et qui, lorsque vous aurez lu ce livre, resteront dans vos mémoires. Les nouvelles sont empreintes d’aventures, de mélancolie, d’humour et j’avoue qu’aucune d’entre elles ne m’a déçu ce que je considère comme un véritable exploit.

Au total, lisez ce livre, je suis sûr que vous ne le regretterez pas. Personnellement, je viens de me procurer le premier roman de l’auteur avec un sentiment mitigé : celui de l’impatience de retrouver son monde qui m’a tant plu et celui de la crainte d’être déçu.

Vous pouvez vous faire une idée également de Janua Vera en lisant la chronique de Stéphane sur Cité en jeux. Quant au livre « Gagner la guerre », Stéphane a été plus rapide à le lire que moi et il vous donne son avis ici.